L'histoire de Royal Enfield

L'histoire de Royal Enfield

L'histoire de Royal Enfield

L'histoire en vidéo (ou en texte un peu plus bas)

Le commencement

Et tout commence en 1891, Robert Walker Smith et Albert Eadie reprennent la société Townsend Cycle à Redditch au Royaume-Uni. Peu de temps après, ils commence à fournir des pièces de machines de précision à la Royal Small Arms Factory à Enfield.

Là je pense que vous avez entendu quelques mots clés concernant le futur nom de la marque.

Mais d’abord leur entreprise est rebaptisée Enfield Manufacturing Company Limited et c’est finalement en 1893 que l’entreprise devient Royal Enfield - le nom « Royal » est dû à la forte collaboration avec Royal Small Arms Company et le slogan « Made Like A Gun » (Fabriquée comme une arme) est adoptée. Donc depuis 1893 y’a déjà tout, le nom, le slogan, le logo.

Mais on n’est pas encore aux motos puisqu’à ce moment là, la société se concentre sur la fabrication de bicyclettes, de pièces détachées et d'accessoires pour vélos en plus de faire des pièces pour canons et fusils.

Transition vers les motos 

Et après quelques années d’activité, Royal Enfield entre dans le monde des motos après un premier essai dans le monde des quadricycles à moteur, franchement je ne sais pas si on peut déjà parler de quad mais en vrai c’est un peu l’esprit, deux vélos reliés et entrainés pas un moteur, je pense qu’on a les bases.

La première moto elle est produite en 1901. Conçue par Bob Walker Smith et, et là c’est là que vous allez pouvoir vous la raconter avec vos potes, le français Jules Gobiet, oui il y a bien un français à l’origine de la toute 1ere Royal Enfield.  La 1ere RE est présentée au salon de Stanley Cycle à Londres. Le moteur de 1,5 CV est monté à l'avant de la moto et la roue arrière est entraînée par une longue courroie en cuir.

En 1903, la marque propose trois modèles monocylindres avec un moteur à 4 temps de sa propre fabrication.

Et entre 1905 et 1908 l’entreprise qui c’était pourtant bien développée, galère un peu et ils vont décider de se concentrer uniquement sur la partie bicyclette de leur activité.

En 1909 retour à la moto et ils vont développer un petite gamme de moto et lancer plusieurs modèles juste avant la Première Guerre mondiale où Royal Enfield jouera un rôle crucial en fournissant des motos à l'armée britannique et à d'autres forces alliées. Les motos Royal Enfield sont utilisées pour le transport de troupes, la reconnaissance et les communications sur le front. Il y a même des side-car ambulance, je ne vous explique pas le bordel si on a une conduite trop sportive, on achève le patient direct pendant le transport. Bon en tout cas, cette période de guerre contribue à établir la réputation de Royal Enfield pour sa robustesse et sa fiabilité.

Années d'après-guerre 

Après la guerre, Royal Enfield se concentre sur la production de motos pour le marché civil. Le développement continu se traduit par une gamme de 8 modèles en 1926 pour arriver à 14 modèles en 1929 donc ça perd pas de temps chez RE. Chaque motocyclette sortant du montage fait sept tours de la piste située derrière les ateliers, soit environ 10 km, puis revient pour une vérification approfondie avant expédition, donc y’a un mec qui avait un boulot qui avait l’air plutôt sympa hein, faire des tours de pistes toute la journée.

Années 1930 : On arrive dans les années 1930, Royal Enfield consolide sa réputation en tant que fabricant de motos de qualité et sort encore une flopée de modèles. En fait RE à ce moment là, c’est clairement des innovateurs et ils test pleins de recettes. Ils ont du 2 temps, du 4 temps, mono-cylindre, bi-cylindres, soupapes latérales, soupapes culbutées, ils ont du 350cm3 du 500 même du 980 et tous les modèles peuvent-être équipés d’un éclairage électrique si on le souhaite. Ils s’adaptent à toutes les demandes. Et en 1932 la société lance la fameuse série de moto "Bullet", qui deviendra l'un des modèles sinon le modèle le plus emblématiques de la marque. La Bullet est propulsée par un moteur monocylindre à quatre temps et se remarque par son allure distinctive et son caractère robuste. Passage de vitesse au pied, double échappement, on peut l’acquérir à l’époque en 248, 346 et 488 cm3

En 1935, Cecil Barrow, sur une moto Bullet de 500 cm3 lors du Tourist Trophy de l'île de Man, finit en 8e place avec une moyenne de 119km/h. C'est la dernière entrée sponsorisée par Royal Enfield pour la participation à cette course.

Deuxième Guerre mondiale : Arrive maintenant la Seconde Guerre mondiale et pendant cette période, Royal Enfield reprend sa production de motos pour les forces armées. Le modèle militaire le plus emblématique est la Flying Flea (puce volante). Ce modèle à 2-temps de 125 cm3 pouvait être enfermé dans un berceau spécial et largué en parachute avec des troupes aéroportées derrière les lignes ennemies. La société est également impliquée dans la fabrication d'autres équipements militaires.

Après-guerre et expansion : Après la Seconde Guerre mondiale, Royal Enfield continue de produire des motos pour le marché civil. La popularité de la marque augmente, en particulier sur les marchés britannique et indien.

En 1948, le prototype Bullet de 350 cm3, doté d'un cadre entièrement suspendu (fourche télescopique et bras oscillant), est présenté en avant-première au Colmore Cup Trial de mars 1948. Les deux Bullet font partie de l'équipe britannique victorieuse lors de l'ISDT 1948 (International Six Day Trial) en Italie. Ses pilotes ont remporté tous deux la médaille d'or.

1 an plus tard, les nouveaux modèles Bullet de 350 cm3 et la 500 Twin sont lancés au Royaume-Uni. Les deux motos affichent une similarité en termes de châssis, la suspension à bras oscillant, les fourches avant télescopiques et la même boîte de vitesses. Cette même année, K R Sundaram Iyer lance Madras Motors afin d'importer des motos britanniques en Inde. En plus des marques Norton et Matchless, il ajoute Royal Enfield à son catalogue.

Années 1950 : En 1952, Madras Motors reçoit une commande de l'armée indienne pour 800 exemplaires du modèle Bullet de 350 cm3. Les motos arrivent de Redditch début 1953 et seront couronnées de succès, étant à la fois robustes et faciles à entretenir et finalement quelques années après, en 1955, la société de Redditch s’associe à Madras Motors en Inde pour former « Enfield India ». Des travaux de construction sont en marche pour l'établissement d'une usine spéciale de production à Tiruvottiyur, près de Madras.

Durant les années 50, RE sortira 3 modèles qui devraient vous évoquer quelque chose, la Météor avec un bicylindre de 692cm2 de 34cv qui sera remplacée par la Super Météor, même cylindrée mais avec une puissance de 40cv cette fois. Puis la Constellation 700, modèle à vocation sportive avec une puissance de 51cv.

Et petite anecdote très sympathique, En 1954, la société britannique Brockhouse rachète le nom de marque Indian et son réseau commercial américain, puis décide d'importer aux États-Unis des Royal Enfield légèrement modifiées, qui seront rebaptisées et vendues sous la marque Indian de 1955 à 1959. On aura donc par exemple la Météor qui sera appelée la Trailblazzer ou encore la Super Méteor qui sera baptisée Apache. En 1958 sort une Super Meteor dotée de roues de 16" à gros pneus baptisée Chief dont une cinquantaine d'exemplaires fut achetée par le New York City Police Department. Tous ces modèles arborent le sigle Indian à tête d'Indien sur leur réservoir.

Voilà encore une anecdote à raconter à vos potes en soirée.

Années 1960 : Tout ça nous amène dans les années 60 et des signes inquiétants pour les marques européennes apparaissent : la concurrence japonaise se déploie en Europe et aux États-Unis, et l'industrie automobile produit en très grande série des véhicules populaires. Royal Enfield, déjà largement distancé, en termes de volumes de production, par d'autres constructeurs comme BSA ou Triumph, voit ses modèles d'entrée de gamme menacés par cette offre japonaise.

Dans ce contexte, le décès du major Franck Smith, en avril 1962, incite les actionnaires d'Enfield Cycle à vendre la société au groupe E & HP Smith Ltd. La nouvelle direction décide de rationaliser la gamme et de la moderniser. Le catalogue de 1963 compte seulement 9 modèles, tous à quatre temps, mais avec trois nouveautés et là encore il a des noms qui devraient vous parler car dans ces nouveautés on trouve:

  • l'Interceptor 750 : initialement développée pour le marché américain, c'est le plus gros twin britannique. Elle inaugure une famille de modèles bicylindres de 736 cm3 à deux carburateurs qui seront produits jusqu'en 1970. Leur moteur est dérivé de celui de la Constellation mais offre une fiabilité et une souplesse bien supérieures. La version initiale S1 de 52cv sera déclinée sur le marché américain en versions Sports et Scrambler, et une version S2 sort en 1969.
  • la Continental 250, monocylindre de 20cv à vocation sportive sera décliné à partir de 1965 en une version encore plus sportive, la Continental GT, équipée d'un guidon bracelet et créditée d'un vitesse de pointe proche de 140km/h.
  • la Bullet 350, qui reprend l'esthétique de la Crusader.

Malheureusement ces nouveaux modèles ne suffisent pas à relancer la marque et en 1967, E & HP Smith vend Enfield à Norton-Villiers.

Cette même année les ateliers de Redditch de Royal Enfield durent fermer leurs portes. La production de l'Interceptor se poursuit dans l'usine souterraine d'Enfield à Bradford-upon-Avon mais celle-ci fermera à son tour et c’est en juin 1970 que la toute dernière RE sera construite en Angleterre.

Continuité en Inde

Mais comme vous le savez, tout ne se termine pas là. Et oui, rappelez vous, en 1955 une usine avait été construite à Madras que l’on appelle aussi Chennai et au début des années 70 c’est environ 25 000 Bullet 350 par an qui y sont construites destinées essentiellement aux forces de sécurité indienne et à l’exportation en Afrique.

En 1977 Enfield India commence à exporter vers l'Europe sa 350 sous l'appellation 350 Madras dans une version de 18ch équipée d'une boîte à quatre rapports. Et jusque dans les années 90 la marque se développera sans réelle nouveauté, consolidant son marché indien et en encore, parce qu’en réalité jusque dans les années 2000, les nombre de vente va stagner. Donc on est passé d’une société qui sortait limite 10 modèles par an à une société qui n’en a presque plus qu’un seul. Mais bon, quand on a trouvé la recette, pourquoi la changer ?

En 1993 la marque sort la Taurus qui sera la seule et unique moto diesel de série avec une puissance de 6,5cv. Voilà, c’est cadeau, vous en faite ce que vous voulez de cette info.

Renaissance :

En 1994, le groupe indien Eicher, rien à voir avec le chanteur, puisqu’on parle là d’un important groupe industriel actif dans la fabrication de tracteurs et de véhicules utilitaires, rachète Enfield India, alors en difficulté.

Eicher rebaptise Enfield India en Royal Enfield Motors Ltd et, après une longue bataille judiciaire, se voit confirmer le droit d'utiliser la marque Royal Enfield. Tous les modèles, sauf les Bullet, sont abandonnés et la marque se concentre sur la production de monocylindres à quatre-temps de moyenne cylindrée.

Dans les années 2000, la marque Royal Enfield s’attèle surtout à rattraper son retard technologique.

Sur l’ensemble de la gamme on va ajouter, alors, des éléments qui semblent très basiques pour nous, surtout qu’on parle de moto des années 2000, mais ça nous montre le retard de RE, donc :

  • Frein à disques, bon c’est pas des motos puissantes mais quand même
  • Démarreur électrique, pareil, j’ai eu une Classic 500, c’est pas si dur à démarrer au kick, mais quand même
  • Boîte 5 vitesse, il était temps quand même, même si j’imagine qu’en Inde ils ne roulent pas très vite
  • Moteur en Alu, le moteur fonte à son charme mais le gain poids est quand même intéressant
  • L’injection en 2008, sur la 500 EFI, que j’ai eu du coup, qui permettra de respecter la norme Euro3

Et durant cette décennie, le nombre de vente double pour atteindre en 2009 52 000 unités dont un peu moins de 2000 hors Inde

Expansion mondiale

Et alors maintenant attention, on arrive dans les années 2010, la croissance de Royal Enfield est gigantesque car la production passe de 52 000 motos en 2009 à 826 000 en 2018.

L'accent est mis sur l'exportation : Siddhartha Lal, directeur général de Royal Enfield depuis 2006, s’installe à Londres pour y développer les opérations internationales. Et la marque s'attaque au marché américain en créant une filiale de distribution directe aux États-Unis, à Milwaukee, Wisconsin, y’en a qui le voit venir ? Juste en face du siège Harley Davidson. J’ai l’impression que les indiens sont revanchards.

Et la suite vous devez la connaître, en 2013 arrive la Continental GT 535 de 29cv, premier café racer de la marque.

En 2018 l’Himalayan arrive en Europe avec un monocylindre de 411cm3 qui développe 24cv qui sera un petit succès pour la marque avec son prix ultra compétitif et l’esprit qui fait écho aux racines du road trip moto.

Arrivent dans la foulée l’Interceptor et la Continental GT 650, premiers bicylindre de la marque indienne qui développe 47cv. Les deux modèles se distinguent principalement par le réservoir, la selle, le guidon et la position des repose-pieds et sont des vrais succès en France et en Europe.

À la fin de la décennie, Royal Enfield est devenu l'un des dix plus importants constructeurs mondiaux de deux-roues motorisés, avec des volumes équivalant à ceux combinés des cinq plus grands constructeurs occidentaux à savoir KTM, BMW, Harley-Davidson, Triumph et Ducati. C’est énorme. Mais la marque reste très dépendante du marché indien où elle écoule près de 95 % de sa production.

Et on se rapproche tout doucement de notre chère année 2024

L'exercice 2022-2023 de Royal Enfield est marqué par un fort rebond après les années marquées par le COVID : les ventes sont à un niveau record de 824 000 unités, distribuées en Inde et 89 000, dans plus de 60 autres pays.

La marque se définit comme un spécialiste des motos de cylindrées moyennes (250 à 750 cm3), segment sur lequel elle revendique détenir près de 90 % de part de marché en Inde et être en première place en Corée et au Royaume-Uni, en deuxième place en Thaïlande, et en troisième place en Australie, France et Italie.

Les ventes de Royal Enfield en France sont passées de 290 exemplaires en 2012 à près de 4 300 en 2022.

La gamme disponible en 2023 en France comporte dix modèles avec le retour des Meteor et Super Meteor mais aussi la Scram et la HNTR, la Classic est remise au catalogue en version 350 après l’arrêt de la 500.

Une mise à jour de l’Himalayan a fait son arrivée avec un moteur de 452cm3 développant 40cv et Royal Enfield a annoncé que la gamme devrait atteindre 20 modèles d’ici 2026 donc j’ai hâte de découvrir les prochains modèles, on parle d’une Classic Twin, j’espère que c’est vrai et j’ai grave envie de voir à quoi elle va ressembler.

Et je vous dit à bientôt pour une nouvelle histoire, ciao !

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