Essai Huqvarna Norden 901

Essai Huqvarna Norden 901

La Husqvarna Norden 901 est sortie en décembre 2021 et est (évidemment) héritière de la technologie KTM et plus précisément de sa cousine, la 890 Adventure, même cadre, même moteur et même sous chassis.

Pour se faire une idée plus précise de la moto, j’ai pu l’essayer (la louer) en Italie dans la magnifique région des Pouilles.

Premières impressions

Le look ! Et quel look, je pense que toutes les Husky ont un design clivant, soit on aime, soit on n’aime pas, pas d’entre deux. Personnellement, elle est dans mon top 1 ou 2 (la Ducati Desert X a remis les cartes sur la table) des trails (actuels) que je préfère en terme de design.

Un phare rond accompagné de deux antibrouillards le tout couronné d’une bulle courte. Une des premières choses que l’on remarque, ce sont ses larges écopes où y logent le radiateur et le réservoir de 19 litres, réservoir qui arbore par ailleurs un très jolie bouchon usiné. A l’image des écopes, un large sabot vient protéger le bas moteur, on apprécie.

Les selles conducteur et passager semblent larges, plates et peu épaisses. Le passager a à sa disposition deux poignées latérales qui se prolongent vers un porte paquet qui aura sans doute son utilité. L’arrière se termine sur un feu compact emprunté à la 701.

Au milieu de tout ça on peut apercevoir le moteur LC8 autrichien, bicylindre parallèle de 889cm3 développant 105cv à 8000 tours/min, belle bête.

La belle est freinée par des étriers avants radiaux J.Juan à 4 pistons qui viennent embrasser 2 disques de 320 mm. L’arrière est quand à lui équipé d’un étrier 2 pistons et un disque de 260 mm. 

Roue avant de 21 pouces, arrière de 18, la Norden est équipée de pneus Pirelli Scorpion Rally STR en 90/90 et 150/70 afin d’affirmer ses prétentions off-road.

Côté suspension, elle reçoit une fourche inversée WP Apex de 43 mm, ajustable en compression et en détente via molettes hélice en haut des tubes et un amortisseur WP réglable en précharge et détente coulisse sur 215 unités. Le tout nous fait arriver sur une garde au sol de 252 mm, pas mal du tout.

On grimpe sur la bête

J’ai toujours un peu d’appréhension à grimper sur un trail car même si je ne suis pas si petit (1m76) ces bestiaux sont souvent haut perchés. La Norden ne déroge pas à la règle même si elle propose une hauteur de selle ajustable allant de 854 mm à 874 mm. Évidemment, pour moi, la selle était réglée à son minimum et j’étais sur le début de la pointe des pieds donc cela reste acceptable d’autant plus que si j’avais eu mes bottines j’aurais certainement pu quasiment mettre mes pieds plats.

Je ne sais pas pourquoi mais je me suis mis en tête que toutes les motos de ce type, en plus d’être hautes, pesaient un âne mort, que nenni ! J’ai eu l’agréable surprise de découvrir que la Husky ne pesait “que” 217 kg tout plein fait ce qui représentait donc seulement 4 kg de plus que mon interceptor, pas si lourde finalement (surtout si on se rappelle que le réservoir fait 19 litres).

Le poste de pilotage est dés plus agréable, l’écran TFT de 5,5 pouces est très lisible en plus d’être positionné assez haut, donc pas besoin de baisser la tête (et à peine les yeux) pour lire son contenu. On y découvre 3 modes, Street (je l’aurais appelé “Road” perso), Off-Road (c’est plutôt clair) et Rain (ça veut dire pluie si jamais). Le guidon est à la bonne hauteur et est large juste ce qu’il faut. Pas trop de boutons sur les commodos, un régulateur de vitesse ultra simple à utiliser. On trouve aussi une prise allume-cigare 12V (ça se dit encore ça ?) plutôt bien placé et non loin de là le bouton pour les antibrouillards plutôt pas trop bien placé (on ne peut pas tout avoir).

Concernant la selle, elle se révèle être vraiment confortable, tellement large que chaque partie de mon postérieur a droit à son espace dédié.

Globalement, j’ai eu deux ressentis en m’installant sur la moto :

  • “Wow c’est quoi tout ce plastique, pour une moto à 15 000 balles ça fait un peu jouet”
  • ”Ouais non en fait tu t’attendais à quoi ? Une moto complètement en acier ? La qualité des plastiques, poignées, commodos… est clairement au rendez-vous”

Il faudra m’excuser, je suis habitué aux moto peu carénées et donc avec peu de pièces en plastiques.


On démarre et on roule

Les premiers kilomètres se font dans la ville Lecce, on tourne doucement la poignée, on passe la une, la deux. Ah oui, on peut vraiment la rouler pépère si on veut. La boîte de vitesse est douce, elle prend ses tours tranquillement.

En revanche deux choses, c’est une moto électrique ou quoi ? Elle ne fait pas un bruit (ligne d’origine), pas que je sois un adepte des silencieux déchicaner, loin de là, mais quand même, un minimum.
Secondo, le sélecteur, alors, je ne sais pas si c’est un truc de trailiste mais je dois passer les vitesses avec le coup de pied et non avec le bout. Petits pieds (je fais du 41) ? Réglage perso du loueur ? Après vérification il semblerait que ça soit la position d’origine et je me dis que quand tu fais du trail, du vrai, t’as certainement des grosses bottes pour aller dans la gadoue et qu’il est donc normal d’avoir un peu d’espace entre le sélecteur et le cale pied mais bon, pas super confort pour moi sur le moment.

Je sors de la ville, je me retrouve direct sur une voie rapide, une ligne droite tellement longue que je ne vois pas le bout et aucune voiture, seulement moi. Alors, on n’est pas en Allemagne mais, moto chaude, shifter, 105cv… Quatrième, cinquième, sixième (j’avais passé les 3 premières vitesses avant si jamais y’en a qui se pose la question). 110, 120, 140, 160, 190 oh bordel ça guidonne ! Bon j’ai arrêté là, j’ai eu l’impression qu’elle aurait pu continuer à m’emmener sans broncher et ça y est, enfin cet échappement se fait entendre avec une petite sonorité sympathique.

Après ces premiers kilomètres, je trouve la moto un peu trop parfaite, sans caractère, sans personnalité. Encore une fois, il faut rappeler que je suis habitué aux motos “à l’ancienne” où je trouve qu’il y a de la vie et une ambiance.

J’arrive enfin sur les magnifiques routes sinueuses de la côte adriatique et là, la moto se révèle. J’avais une petite appréhension concernant les pneus mais rien à dire, ça tient le pavé. La moto est extrêmement joueuse, très agile et le shifter trouve son utilité. Un régale !

Retour à la concession par la voie rapide. Le régulateur ultra facile à utiliser offre un confort inégalable. A 90 la vie à bord est agréable, à 110 ça va encore et à 130 on se demande ce qu’on fait là.

Off-Road

Eh oui, je m’y suis essayé. Bon, avant de vous rendre mon avis, 3 choses à savoir :

  1. Ce n’est pas mon domaine même si j’en fais de temps en temps.
  2. Je ne suis pas équipé et je n’aime pas faire une activité (surtout de ce type) sans l’équipement adéquat.
  3. C’est une moto de location à 15 000 balles.

En vrai, j’ai pris du plaisir même s’il était tinté d’appréhension au vu de la valeur de la moto.

Encore une fois, je ne suis pas un expert mais j’ai trouvé la moto très facile. J’avais préalablement activé le mode “off-road” prévu à cet effet. Terre à peine grasse, gravier, grosses pierres, montées et descentes raides, elle passe partout. J’ai apprécié son poids mesuré au moment de faire demi-tour et cette petite escapade hors bitume m’a presque donné envie de m’y mettre. Par contre les trailistes, vous êtes des grands malades d’emmener des motos de ce montant dans un terrain où la chute peut arriver à tout moment. Respect.

Freinage

L’avant mord directement très fort et se montre très rassurant. On chope vite le coup de frein pour le doser à son besoin.

Le frein arrière est plutôt inexistant sur la première pression, il se révèle être en réalité extrêmement progressif ce qui a son utilité en tout terrain.

Consommation 

Alors je ne sais pas quoi vous dire ici. J’ai fait 250 kms avec la belle et l’ordinateur de bord m’annonçait encore 320 kms d’autonomie. Ma conduite a été très variée et j’ai quand même pas mal “tapé” dedans. Mais la réponse s’est faite à la pompe. Le loueur a remis (oui il fait station essence aussi) exactement 9 litres ce qui veut dire qu’il en restait 10 dans le réservoir. La Norden pourrait donc arriver à 500 kms d’autonomie ? 

Duo

Je n’ai embarqué personne avec moi mais le loueur avec qui j’ai discuté m’a avoué qu’il la prenait le week-end pour sortir avec sa femme car c’est celle qu’elle préfère entre la Tuareg et l’Africa Twin qu’il proposait aussi à la location.

Conclusion

N’étant pas habitué à ce type de moto (même si j’ai eu une Versys X) mon premier ressenti était un peu mitigé. Beaucoup de plastique, moto un peu trop facile et un peu lisse dans l’ensemble (hormis son look de ouf) la Husky s’est en réalité montrée extrêmement joueuse sur route, très à l’aise en off-road et, je n’en ai pas parlé, extrêmement confortable. J’ai commencé, je dis bien commencé à avoir mal aux fesses arrivé à 4h de conduite, ce n’est pas rien. La Norden se révèle être très polyvalente, une moto taillée pour vous emmener loin, préservant à la fois son conducteur de la fatigue tout en lui offrant la possibilité de (beaucoup) s’amuser à son guidon.

La Husqvarna Norden 901 vient donc ajouter un nouveau choix de qualité à la (de plus en plus longue) liste des trails à la vente.

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